Comme chaque annĂ©e, un vibrant hommage est rendu aux fusillĂ©s du Ruchard et Ă l’ensemble des Tourangelles et Tourangeaux victimes du nazisme dans le dĂ©partement.
La 84e cĂ©rĂ©monie s’est tenue au pied de la stĂšle commĂ©morative en prĂ©sence de nombreuses autoritĂ©s civiles et militaires devant quarante drapeaux portĂ©s fiĂšrement par les porte-drapeaux, samedi 3 octobre 2026.
Ici en bordure du camp du Ruchard une stĂšle entourĂ©e d’un mur de pierre, nous rappelle qu’une tragĂ©die s’y est dĂ©roulĂ©e en 1942. Cet endroit est l’un des principaux lieux de mĂ©moire de la rĂ©pression nazie en Indre-et-Loire. Cette stĂšle Ă©rigĂ©e en 1982 nous rappelle qu’ici 15 rĂ©sistants qui luttaient contre l’envahisseur allemand, furent fusillĂ©s dans une funeste tranchĂ©e situĂ©e dans l'enceinte du camp militaire.
Alors que des Français de plus en plus nombreux entraient en rĂ©sistance, aux manifestations, sabotages et attentats l’occupant rĂ©pond par une impitoyable rĂ©pression : arrestations, prises d’otages, exĂ©cutions, dĂ©portations.
Le 16 mai 1942, cinq jeunes résistants communistes tourangeaux sont fusillés. Ils constituent les premiers résistants exécutés par les nazis en Touraine.
DÚs le mois d'août 1940, ils avaient été de ceux qui avaient diffusé dans la population l'appel à la lutte lancé par Maurice Thorez et Jacques Duclos au nom du Parti Communiste.
Quelques mois plus tard, le 27 octobre 1942, sept résistants sont à leur tour fusillés au Ruchard.
En prononçant leurs noms, nous faisons davantage qu’Ă©numĂ©rer des victimes. Nous rendons Ă chacun son identitĂ©, sa place dans notre mĂ©moire collective et dans l’histoire de notre pays.
Leur mort ne fut pas seulement une tragĂ©die pour leurs familles et leurs proches : elle fut un avertissement adressĂ© Ă toute une population. L’occupant voulait faire taire les consciences, intimider, isoler, briser les volontĂ©s. Mais il n’a pas rĂ©ussi.
Leur sacrifice a aussi portĂ© un message : celui d’une France qui refusait de vivre Ă genoux. Une France clandestine, courageuse, diverse, faite de femmes et d’hommes ordinaires devenus, par leur engagement, les acteurs d’un destin exceptionnel. Il ne s’agissait pas d’une guerre contre le peuple allemand mais d’un combat contre l’idĂ©ologie nazie, doctrine politique d’extrĂȘme droite, raciste, antisĂ©mite et totalitaire.
Les valeurs que défendaient les résistants étaient universelles. Quel que soit leur engagement politique, communistes, gaullistes, socialistes ou sans parti, quel que soit leur engagement syndical, quel que soit leur religion, catholiques, protestants, juifs, musulmans ou libres penseurs ils se battaient pour la Liberté, le ProgrÚs Social, la Démocratie, la lutte contre tous les racismes.
La dĂ©fense de ces valeurs les rĂ©unissait et c’est l’addition de toutes leurs actions qui devint la RĂ©sistance. Dans les conditions difficiles de la clandestinitĂ© et alors qu’ils risquaient la mort en permanence, ils ont conjuguĂ© combat quotidien contre l’ennemi et rĂ©flexion sur la sociĂ©tĂ© qu’ils voulaient bĂątir. Ils ont eu l’intelligence de construire l’avenir et donc de prĂ©parer les lendemains. Tous ceux qui rĂ©sistaient, partis politiques, syndicats, rĂ©seaux de toutes
obĂ©diences se sont regroupĂ©s au sein du Conseil National de la RĂ©sistance prĂ©sidĂ© par Jean Moulin reprĂ©sentant du GĂ©nĂ©ral De Gaulle en France occupĂ©. Le CNR adoptĂąt un programme nommĂ© « les Jours Heureux », quel nom merveilleux.
A la LibĂ©ration de notre pays ce programme fĂ»t mis en Ćuvre par le gouvernement prĂ©sidĂ© par le GĂ©nĂ©ral de Gaulle. Il n’est pas inutile de rappeler qu’il comprenait les divers mouvements de RĂ©sistance, des partis politiques (PCF, SFIO, Parti radical-socialiste, Parti dĂ©mocrate Populaire, FĂ©dĂ©ration rĂ©publicaine, Alliance dĂ©mocratique) et des confĂ©dĂ©rations syndicales (CGT et CFTC). Seule l’extrĂȘme droite n’y Ă©tait pas reprĂ©sentĂ©e en tant que telle, en raison de sa proximitĂ© avec le rĂ©gime de Vichy.
Le gouvernement provisoire de la RĂ©publique sous l’impulsion du CNR permit le redĂ©marrage de la France dans tous ses aspects : politiques, Ă©conomiques, industriels et administratifs.
De nombreuses mesures sont mises en Ćuvre pour la premiĂšre fois : La sĂ©curitĂ© Sociale, la retraite par rĂ©partition, les comitĂ©s d’entreprise, la libertĂ© de la presse et son indĂ©pendance vis-Ă -vis des puissances d’argent.
Cela montre, Ă l’Ă©vidence, que les combats des RĂ©sistants ont portĂ© leurs fruits. Ils ont non seulement vaincu les nazis, ils ont façonnĂ© de façon pĂ©renne la vie de leur pays
Les tragédies de l'Histoire ne sont jamais le fruit du hasard. Elles deviennent possibles lorsque l'intolérance progresse, lorsque certains hommes et certaines femmes sont désignés comme différents ou indésirables, lorsque les libertés reculent dans l'indifférence générale.
Pendant de longues annĂ©es aprĂšs la fin de la seconde guerre mondiale les dĂ©mocraties se sont montrĂ©es remarquablement stables en de nombreux endroits du monde. Nous avons commis l’erreur de penser que cela allait durer. HĂ©las aujourd’hui dans le Monde entier et en Europe en particulier, nous observons avec inquiĂ©tude la rĂ©surgence de discours de haine, d'actes antisĂ©mites, de thĂ©ories complotistes, de formes diverses de racisme et d'intolĂ©rance. Les rĂ©seaux sociaux amplifient ces phĂ©nomĂšnes et contribuent Ă banaliser des propos que l'on croyait Ă jamais discrĂ©ditĂ©s par l'histoire.
Aujourd’hui, au 21Ăšme siĂšcle, alors que nous devrions vivre une pĂ©riode plus sereine, nous connaissons, les uns et les autres, des moments difficiles. A dĂ©faut de s’accorder sur tout, sachons au moins oĂč ne plus aller en maitrisant mieux notre passĂ©.
Car lĂ , est bien la question. Comment la France, pays des lumiĂšres, des droits de l’homme, en est-elle arrivĂ©e Ă ce stade ? Comment notre peuple au passĂ© rĂ©volutionnaire le plus riche, le plus exaltant, se trouve-il dĂ©boussolĂ© au point de voir un Ă©lectorat pour moitiĂ© absent des urnes et l’autre moitiĂ©, dans sa majoritĂ©, vouloir confier Ă celles et ceux qui ne voient les destinĂ©es de notre nation qu’au travers d’une compĂ©tition individuelle brutale ?
Le chĂŽmage, les difficultĂ©s financiĂšres des familles, la remise en cause des services publics, divisent les citoyens français, les poussent vers l’individualisme.
Les principes de solidarité préconisés par le Conseil National de la Résistance et mis en place au lendemain de la guerre sont balayés par un capitalisme sauvage.
Il y a quelques annĂ©es, ici mĂȘme Georges Duffau-Epstein fils de Joseph Epstein grand rĂ©sistant du « groupe Manouchian » fusillĂ© le 11 avril 1944 au Mont ValĂ©rien disait dans son discours : « Nous nous retrouvons ici pour commĂ©morer le sacrifice des rĂ©sistants qui ont Ă©tĂ© exĂ©cutĂ©s au camp du Ruchard. Le meilleur hommage que nous puissions leur rendre c’est de continuer leur combat pour un monde meilleur. Dans la derniĂšre lettre que m’a adressĂ© mon pĂšre il me disait « je meurs pour ton bonheur, le bonheur de tous les enfants et de toutes les mamans ».
Souvenez-vous, N’oubliez jamais.
Nous vous invitons Ă dĂ©couvrir, ci-dessous, une trĂšs belle vidĂ©o rĂ©alisĂ©e par la mairie de Villaines‑les‑Rochers.
đ VidĂ©o Ă voir ici : [Lien vers la publication Facebook]
Un grand merci à la mairie pour ce partage et pour la qualité de leur travail.
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