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03/10/2026

𝗔𝘃𝗼𝗻-𝗹𝗲𝘀-𝗥𝗼𝗰𝗵𝗲𝘀 : Retour en images sur la cérémonie commémorative du 84e anniversaire à la stèle du Ruchard, le samedi 3 octobre 2026.


Comme chaque année, un vibrant hommage est rendu aux fusillés du Ruchard et à l’ensemble des Tourangelles et Tourangeaux victimes du nazisme dans le département. 

La 84e cérémonie s’est tenue au pied de la stèle commémorative en présence de nombreuses autorités civiles et militaires devant quarante drapeaux portés fièrement par les porte-drapeaux, samedi 3 octobre 2026.



Discours de l'ADIRP 37 
à la stèle du Ruchard le 3 octobre 2026

Ici en bordure du camp du Ruchard une stèle entourée d’un mur de pierre, nous rappelle qu’une tragédie s’y est déroulée en 1942. Cet endroit est l’un des principaux lieux de mémoire de la répression nazie en Indre-et-Loire. Cette stèle érigée en 1982 nous rappelle qu’ici 15 résistants qui luttaient contre l’envahisseur allemand, furent fusillés dans une funeste tranchée située dans l'enceinte du camp militaire.

Alors que des Français de plus en plus nombreux entraient en résistance, aux manifestations, sabotages et attentats l’occupant répond par une impitoyable répression : arrestations, prises d’otages, exécutions, déportations.

Le 16 mai 1942, cinq jeunes résistants communistes tourangeaux sont fusillés. Ils constituent les premiers résistants exécutés par les nazis en Touraine.

Dès le mois d'août 1940, ils avaient été de ceux qui avaient diffusé dans la population l'appel à la lutte lancé par Maurice Thorez et Jacques Duclos au nom du Parti Communiste.

Quelques mois plus tard, le 27 octobre 1942, sept résistants sont à leur tour fusillés au Ruchard.

En prononçant leurs noms, nous faisons davantage qu’énumérer des victimes. Nous rendons à chacun son identité, sa place dans notre mémoire collective et dans l’histoire de notre pays.

Leur mort ne fut pas seulement une tragédie pour leurs familles et leurs proches : elle fut un avertissement adressé à toute une population. L’occupant voulait faire taire les consciences, intimider, isoler, briser les volontés. Mais il n’a pas réussi.

Leur sacrifice a aussi porté un message : celui d’une France qui refusait de vivre à genoux. Une France clandestine, courageuse, diverse, faite de femmes et d’hommes ordinaires devenus, par leur engagement, les acteurs d’un destin exceptionnel. Il ne s’agissait pas d’une guerre contre le peuple allemand mais d’un combat contre l’idéologie nazie, doctrine politique d’extrême droite, raciste, antisémite et totalitaire.

Les valeurs que défendaient les résistants étaient universelles. Quel que soit leur engagement politique, communistes, gaullistes, socialistes ou sans parti, quel que soit leur engagement syndical, quel que soit leur religion, catholiques, protestants, juifs, musulmans ou libres penseurs ils se battaient pour la Liberté, le Progrès Social, la Démocratie, la lutte contre tous les racismes.

La défense de ces valeurs les réunissait et c’est l’addition de toutes leurs actions qui devint la Résistance. Dans les conditions difficiles de la clandestinité et alors qu’ils risquaient la mort en permanence, ils ont conjugué combat quotidien contre l’ennemi et réflexion sur la société qu’ils voulaient bâtir. Ils ont eu l’intelligence de construire l’avenir et donc de préparer les lendemains. Tous ceux qui résistaient, partis politiques, syndicats, réseaux de toutes

obédiences se sont regroupés au sein du Conseil National de la Résistance présidé par Jean Moulin représentant du Général De Gaulle en France occupé. Le CNR adoptât un programme nommé « les Jours Heureux », quel nom merveilleux.

A la Libération de notre pays ce programme fût mis en œuvre par le gouvernement présidé par le Général de Gaulle. Il n’est pas inutile de rappeler qu’il comprenait les divers mouvements de Résistance, des partis politiques (PCF, SFIO, Parti radical-socialiste, Parti démocrate Populaire, Fédération républicaine, Alliance démocratique) et des confédérations syndicales (CGT et CFTC). Seule l’extrême droite n’y était pas représentée en tant que telle, en raison de sa proximité avec le régime de Vichy.

Le gouvernement provisoire de la République sous l’impulsion du CNR permit le redémarrage de la France dans tous ses aspects : politiques, économiques, industriels et administratifs.

De nombreuses mesures sont mises en œuvre pour la première fois : La sécurité Sociale, la retraite par répartition, les comités d’entreprise, la liberté de la presse et son indépendance vis-à-vis des puissances d’argent.

Cela montre, à l’évidence, que les combats des Résistants ont porté leurs fruits. Ils ont non seulement vaincu les nazis, ils ont façonné de façon pérenne la vie de leur pays

Les tragédies de l'Histoire ne sont jamais le fruit du hasard. Elles deviennent possibles lorsque l'intolérance progresse, lorsque certains hommes et certaines femmes sont désignés comme différents ou indésirables, lorsque les libertés reculent dans l'indifférence générale.

Pendant de longues années après la fin de la seconde guerre mondiale les démocraties se sont montrées remarquablement stables en de nombreux endroits du monde. Nous avons commis l’erreur de penser que cela allait durer. Hélas aujourd’hui dans le Monde entier et en Europe en particulier, nous observons avec inquiétude la résurgence de discours de haine, d'actes antisémites, de théories complotistes, de formes diverses de racisme et d'intolérance. Les réseaux sociaux amplifient ces phénomènes et contribuent à banaliser des propos que l'on croyait à jamais discrédités par l'histoire.

Aujourd’hui, au 21ème siècle, alors que nous devrions vivre une période plus sereine, nous connaissons, les uns et les autres, des moments difficiles. A défaut de s’accorder sur tout, sachons au moins où ne plus aller en maitrisant mieux notre passé.

Car là, est bien la question. Comment la France, pays des lumières, des droits de l’homme, en est-elle arrivée à ce stade ? Comment notre peuple au passé révolutionnaire le plus riche, le plus exaltant, se trouve-il déboussolé au point de voir un électorat pour moitié absent des urnes et l’autre moitié, dans sa majorité, vouloir confier à celles et ceux qui ne voient les destinées de notre nation qu’au travers d’une compétition individuelle brutale ?

Le chômage, les difficultés financières des familles, la remise en cause des services publics, divisent les citoyens français, les poussent vers l’individualisme.

Les principes de solidarité préconisés par le Conseil National de la Résistance et mis en place au lendemain de la guerre sont balayés par un capitalisme sauvage.

Il y a quelques années, ici même Georges Duffau-Epstein fils de Joseph Epstein grand résistant du « groupe Manouchian » fusillé le 11 avril 1944 au Mont Valérien disait dans son discours : « Nous nous retrouvons ici pour commémorer le sacrifice des résistants qui ont été exécutés au camp du Ruchard. Le meilleur hommage que nous puissions leur rendre c’est de continuer leur combat pour un monde meilleur. Dans la dernière lettre que m’a adressé mon père il me disait « je meurs pour ton bonheur, le bonheur de tous les enfants et de toutes les mamans ».

Souvenez-vous, N’oubliez jamais.
































Dépôt des gerbes 

































































































































Vous pouvez retrouver plus d'informations sur le blog de l'ADIRP 37 - 41 : 

Nous vous invitons, également, à découvrir, ci-dessous, un montage vidéo réalisée par la mairie de Villaines‑les‑Rochers.

👉 Vidéo à voir ici : [Lien vers la publication Facebook]

Un grand merci à la mairie pour ce partage et pour la qualité de leur travail.